Contrôles Orientés - #4 Heure d'hiver

CONTRÔLES ORIENTÉS – Cinquante ans qu'elle revient chaque automne, inlassablement, pour sonner le glas d'un nouvel été.

Méthodique, impitoyable, elle annonce la fin des verres tardifs en terrasse, des douceurs nocturnes et des espoirs d’une belle saison paloise. Dix-huit heures, rideau noir, c’est l’heure d’hiver. Et si la crise d’automne était la marque des grands clubs, alors le Pau FC serait à cette table depuis bien longtemps. Notre club chéri a en effet pris la délicate habitude de nous ramener sur le sol froid et triste de la réalité dès décembre approchant.

Un début de saison historique n’autorise aucune exception. Une confortable place sur le podium de L2 ? Sainté, Reims ou Montpellier derrière nous ? Des joueurs parlant ouvertement de L1 ? D’élogieux articles dans la presse sportive nationale ? Trop, c’est trop ! Frein à main, on avance le timing. Pas le temps de finir châtaignes et bourret, désormais la crise hivernale c’est en octobre. Qu’ils semblent déjà loin les relais de Touzghar, la solidité de la charnière centrale ou le règne de Raveyre dans sa surface ! Tel le bus palois rentrant de Geoffroy Guichard les soutes débordantes, désormais le supporter accumule les couches de vêtements lors de son voyage au stade. Comme s’il se remplumait par avance contre les mauvais présages des résultats à venir. 

Mais c’est oublier comment supporter les jaunes et bleu ! C’est oublier ces soirées glaciales dans un stade Colonel de Fornel à 800 spectateurs contre Plabennec ou la réserve de Lorient. C’est oublier ces cris de passions, jetés dans ces nuits d’automne, émanant alors de la tribune “Auchan” ou “Honneur”. C’est oublier ces Louis Bury, Hicham M’Laab ou Grégory Covin se battant alors sur un champ de patates pour se maintenir dans un championnat National déjà presque trop grand. C’est oublier la sortie du stade dans l’obscurité, à travers les bois de Pissard Santarelli pour retrouver les lumières de la civilisation. C’est oublier, aussi, le devoir de mémoire de rappeler aux collègues à la machine à café ou au déjeuner, que oui, il existe un club de foot à Pau. Alors, à l’heure d’affronter la terrible Espérance-Sportive-Troyes-Aube-Champagne (pire ou meilleur nom de club, vous trancherez), leader et membre de l’écoeurante holding City Football Group aux 1700 employés et presque 1 milliard d’euros de chiffres d’affaires, il convient de rassurer l’afición paloise : le Pau FC en a vu bien d’autres et ne comptait alors pas Versini dans ses rangs. 

“La passion s'accroît en raison des obstacles qu’on lui oppose” a écrit un jour Shakespeare, pourtant pas supporter de West Ham. Le garçon avait vu juste et c’est maintenant que l’on va vraiment savourer notre football : ces tacles rageurs, ces retours défensifs inespérés et autres buts casquettes inscrits du genou dans notre vrai championnat. Celui des anonymes, des petits budgets, des sans grades.

Car c’est finalement dans la nuit que le Pau FC se révèle le mieux.

 

Publié avant la réception de l'ESTAC.

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Écrit par Tom & Alex.

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