© photo : Pau FC
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C’est Stiv, Stève ? Ou Légende ?
21 – “Voilà, c’est fini, Trouve un autre rocher, Petite huître perlée” chantait Jean Louis Aubert. Steeve Beusnard est parti après plus de 6 ans passés en Principauté Béarnaise. Il vient ajouter son nom aux grands hommes et des grandes femmes de notre paìs : Jeanne d’Albret, Pierre Bourdieu, Raymond Mastrotto, Nathalie Cardone et Steeve Beusnard, donc.
Pour panser la plaie de ce départ, et avant de regarder vers la saison qui nous attend, prenons le temps de jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur du Duster, sur les 10 souvenirs clés que chacun devra garder à l’esprit quand lui sera évoqué le nom de celui qui aura sublimé le football palois.
#1 / Premier(s) Match(s)
Le 1er février 2020, alors que le monde est occupé à découvrir le pangolin, le public palois remarque lui un nouvel arrivé du mercato hivernal. Face à Béziers, lors de la 20e journée de cette saison de National qui verra le Pau FC accéder à la L2, le néo-palois joue 64 minutes (il a déjà le sens du détail) et est remplacé par Lamine Gueye. Laissant ses coéquipiers mener au score 1-0, le club palois s’imposera finalement 7-0. Bon choix de la part de Bruno Irles donc, n’est-ce pas?!
Mais la première fois que notre Steeve aura vu son nom posé sur la feuille de match, c’était pourtant 3 jours plus tôt, en 8e de finale de la Coupe de France. Lui, qui ne rentrera pas en jeu, aura quand même participé, pour sa première, au record d’affluence d’un match du Pau FC. Éliminé par le PSG, qui avait laissé quelques cadres de côté, Beusnard aura vécu l’une des plus belles pages de l’histoire du club en y étant tout juste arrivé. Comme quoi, nous aussi on avait laissé nos stars au repos.
#2 / Double rupture
27 jours plus tard, dans la version originelle du Nouste, l’histoire déraille comme dans le film de Danny Boyle. Le Pau FC reçoit celui qui sera son dauphin deux heures plus tard : Dunkerque. 18è minute sur un centre en retrait de Cheick Sabaly, Beusnard vient placer une frappe que Maraval repousse du pied, mais dans l’action il percute un défenseur dunkerquois et se tord de douleur. Résultat : rupture des ligaments croisés.
Triste souvenir pour notre numéro 21, ce match sera rétrospectivement celui de la montée pour le Pau FC et un point de rupture dans son histoire.
#3 / Dix + neuf, ça fait 21
12088 minutes jouées, 176 matchs, 10 buts, 9 passes décisives tel est le bilan de notre Steeve. Désormais 18e joueur le plus capé de l’histoire du club, 11e si on ne compte que l’ère moderne siglée Pau FC.
#4 / Le but contre Nîmes
22 octobre 2022. Face au Nîmes Olympique d’un certain Nicolas Usai, le Pau FC cherche à valider une dynamique positive après une victoire à Annecy. Dans un match qui verra notamment Erwin Koffi toucher les deux poteaux sur un seul penalty, les palois l’emportent sans trembler, mais petitement, un à zéro. Le but? Une fléchette de 25 mètres dans la lucarne du gardien croco. Le buteur? Un joueur qui revient pour la deuxième fois des croisés, avec des merdes en plus. Jamais avare en efforts, surtout lorsqu’il faut râler, le numéro 21 célèbre ce but avec une course à haute intensité, lui d’habitude plus enclin à modestement lever les bras. Dirigée vers les membres de sa famille, et notamment de son jumeau de frère, elle est chargée en émotions. Celles d’un corps qui redonne à son propriétaire la joie de faire ce qu’il aime.
#5 / Un homme de goût
Dans une interview vidéo accordée à la République des Pyrénées, il y a plus de 3 ans, l'Héraultais de naissance confiait qu’il se laissait prendre à la musique aux sonorités latinos. Au delà du fait qu’il mentionne également Titanic comme un de ses films préférés, alors qu’on connaît déjà la fin, nous vient une double envie: un roast de Regelegorila et surtout, un repost insta du lien de l’article sur le son de “Besos Moja2” de Rosalìa, s’il te plaît, Steeve.
#6 / S’offrir Montpellier
Supporter de la Paillade, le collégien SB y a fait ses classes de 2003-2008. Ensuite, entre les équipes de jeunes de Lattes, de Canet puis en pro à Fabrègues ou à Béziers, Steeve Beusnard attendait avec impatience que l’occasion de rencontrer l’équipe fanion de son coeur ne se présente. Sous le maillot palois, après (pour une fois) un parcours correct en Coupe de France, le sort palois est lié à celui du MHSC pour un 32e de finale à jouer du côté du Stade Communautaire Idron 2. Jouant 90 minutes et éliminant les héraultais, Steeve aura pris une tendre revanche, aussi délicieuse que flanquée d’un certain parfum qui tord le coeur.
Ensuite, les déboires du Nicollin FC verront deux nouvelles rencontres en championnat entre les deux clubs, l’année dernière, dont le match chez son Téji Savanier de partenaire de pétanque. Et une certaine Madjer de Touzghar.
#7 / Dirty South
Natif de Lattes, tatoué, en provenance de Corse, on espérait un sudiste hargneux prêt à prendre la relève d’un Kevin Malaga par exemple. Ô déception, avec un seul petit rouge et 4 matchs de suspension en tout et pour tout. Faute tactique à moitié pardonnée.
#8 / Idron PMU FC
Bien intégré à la région, certains auront pu apercevoir notre numéro 21 parmi les plus accueillants des PMU béarnais. Accepter une région, c’est aussi rendre une visite aux meilleurs zincs (dont celui d’Idron, par exemple) pour en savourer les délices, en renifler les effluves, partager un avis équin ou tenter sa chance à l’Amigo. Une chose est sûre, compte tenu du rendement sur le rectangle vert, si nous commandons allègrement quelques décilitres de Suze, l’ami Steeve a dû demander un bon paquet d’Ogeu pétillante…
#9 / Masia à la béarnaise
Steeve Beusnard aura vu des coachs passer, des coéquipiers arriver et partir, et les plus mauvaises langues diront même qu’il est resté plus longtemps que certains supporters. Mauvais esprit mis de côté, chacun des amoureux du Pau FC se souviendra avec émotion de ces associations qui, dès qu’elles nous parvenaient par la PQR ou les réseaux nous mettaient déjà le Saint Mont à la bouche: Saivet - Beusnard - d’Almeida, Saivet - Beusnard - Sylvestre. Les petits espaces, les déplacements, le toucher de balle, le soleil dans la gueule. Nous étions amoureux, et nous le savions.
#10 / Rien comme les autres
Lors du dernier match en Béarn de la saison 25/26, alors que les joueurs palois effectuent un tour d’honneur sans prétention, Antoine Perpignaa se mue en génie en costume bleu et demande à Steeve Beusnard de le rejoindre dans le rond central. Le public palois frotte trois fois ses mains entre elles et le talisman s’exécute, levant un maillot en taille triple XL révélant un flocage “Beusnard 2028”. Deux mois plus tard, les valises sont faites et le voilà installé à la frontière arménienne, à Tovuz, une ville azerbajanaise jumelée avec… Cognac. Ça ne s'invente pas. Alors que le board palois avait négocié une visite de l’usine Lindt pour le minot du Steeve.
#complémentaire / Flocage post discessum
Ce mardi 28 juillet, le Pau FC invitait ses nouveaux abonnés pour le lancement de l’exercice 2026/2027. Après avoir profité de quelques riches discussions avec le board palois, après avoir proposé à quelques joueurs de découvrir les joies des palombières du Vic-Bilh, sonnait l’heure d’aller tirer des plans sur les comètes autour d’une pizza en centre-ville. Mais pas avant d’avoir fait un petit saut en boutique. Très vite, l’envie irrépressible de se faire propriétaire d’un maillot Home à manches longues surgit. Puis au moment de faire floquer la tunique, nous nous tournons vers Nathalie, fidèle hôtesse de l’officine textile jaune et bleu. L’oeil humide, la voix tremblante, nous lui demandons: “C’est encore possible de floquer Beusnard?”. Elle aussi, touchée, nous rétorque: “C’est pas gentil de me faire ça, mais je crois qu’il m’en reste un dans la réserve…”.
C’est une séparation que nous apprenons à vivre dignement, en famille. Cette famille qui sera toujours la tienne, légende, numéro 21, capitaine, palois à jamais, Steeve Beusnard.
Écrit par Font.
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