S3 #7 - Lancé comme un Porsche Mayenne
ANTI-RÉSUMÉ – Adishatz la famille,
Vous l’aviez remarqué, nous avions entamé notre dernier Anti Résumé par quelques vers de
Baudelaire. Ce lancement traduisait une double vérité. La première, un goût appuyé pour les
lettres, la mélancolie -et l’alcool-, la seconde, un manque criant d’inspiration. Cela dit, et eu
égard au respect que nous portons au lectorat massif de cette rubrique, nous ne réitérerons
pas l’expérience. Baudelaire, c’est bien, mais pas tout le temps.
Simplement, nous nous contenterons de dire que ce Pau - Laval a déjà des caractéristiques de grand match. Un de ceux qui valident une dynamique, qui forgent un caractère, qui façonnent en hommes des gamins aux dents longues. Régalez-nous messieurs, et puis de toute façon, vous n’êtes pas sérieux, vous avez 17 ans.
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h-35min: Beusnard est annoncé sur le banc, certains supporters font demi-tour.
h-30min: Ousmane (le nôtre, pas le ballon d’Or) est lui aligné en défense centrale. Un autre quart des spectateurs regagne son véhicule.
h-25min: D’ailleurs, depuis Paul Maisonneuve, ce trophée vaut-il encore quelque chose?
h-10min: Dans un ultime débat en-dessous de la tribune, nous nous étonnons du niveau sonore parfaitement acceptable qui s’échappe des hauts-parleurs du stade.
h-9min: Alors que ce pronostic qui annonce Montpellier vainqueur facile de Boulogne est catastrophique, et mériterait des décibels en plus.
Coup d’envoi: Pau - Laval, le clásico de la Ligue des pneus de tracteur est lancé.
2e: Ce passage d'Août à Décembre rapide comme un but du Red Star, on l’avait pas vu venir.
4e: La tribune Ikea n’avance plus, on attend l’argent sur le transfert d’Mboup.
5e: A moins que ce ne soit un projet dont le financement ne dépendait que de la participation de Matignon. Auquel cas ça risque de se compliquer léger.
6e: On meuble un peu. Rien à voir avec le fait d’avoir parlé d’Ikea juste avant, c’est que le match n’est pas fou, ou en tout cas pas complètement lancé.
7e: On a Clavreul du bon côté de la tribune. Lui, le lavallois de naissance, la belle histoire du club Tango. A quand la même chose avec un maynat de Lasseube?
10e: On a quand même beaucoup le ballon.
12e: A la perte, y’a le nouveau Dyson Meddah qui n’a pas l’air de vouloir laisser traîner quelque cuir mal rangé.
14e: Lob du rond central de Maggiotti. Pour la blague.
19e: En sur-confiance, et sur une passe en retrait aussi molle qu’un thriller financé par TF1, Clavreul met sa tentative à côté du but vide.
21e: Les duels s'enchaînent entre l'avant-centre Lavallois et le central palois. Ils ne font plus qu’un: Tchokanté.
29e: Du coup, Ousmane a pris un jaune.
30e: Quand le bloc mayennais coulisse, y’a des prises à 4 qui ne feraient pas rire la meilleure des actrices sous contrat chez Dorcel.
32e: On joue assez mal les coups qui s’offrent à nous.
34e: Et on joue vraiment mal les coups francs.
40e: Glossoa se prend pour R9 mais Touzghar joue la sécurité et la met à côté. Faudrait pas qu’on s’enflamme.
42e: Et cette sensation qu’on marque davantage dans le but orienté sud. En seconde on enfile, c’est sûr.
44e: Il se passe sûrement quelque chose sur le pré, mais la queue pour la buvette est déjà longue. La vida es un carnaval, mais c’est surtout faire les bons choix.
Mi-temps +4: On remonte en tribune le verre plein. Il va sans dire que lorsqu'un regard est croisé, notre expression faciale est un tantinet moqueuse.
Mi-temps +7: Savourer le travail des jardiniers, le sentiment du travail bien fait.
46e: Ca reprend.
48e: Contrôle cosmique de Dong qui enchaîne par une lourde. Dans les étoiles.
49e: Y’a pas une planète Dong dans Interstellar d’ailleurs?
52e: Les relances sont propres, tout le monde touche la balle. Si Luis Enrique a le bras pété, c’est parce qu’il s’est boité dans les escaliers du Durango quand il est venu prendre sa masterclass tactique en salle de presse du Nouste Camp.
53e: Meeeeeeeessi! Golazo palois! Et c’est le seul qui a le nom correct. Glossoa c’est Alba, Dong c’est Pedro, Touzghar c’est Iniesta.
54e: Après un but pareil, le pénalty qui va ramener Laval à 1 partout pour une semi-main, il va être très très dur à accepter.
57e: Y’a des machins blancs qui passent dans le ciel palois. On hésite. Soit c’est les satellites Starlink de Musk, soit les centres lavallois…
63e: Touzghar pose sa tête sur le poteau après une remontée de balle de 90 mètres…
64e: L’Unicef vient d'appeler pour devenir sponsor maillot. Ils réclament que l’on change de couleurs. “Bleu et Grenat”?
65e: Mon voisin de siège commence à parler catalan.

66e: Sur les changements, il hurle un “VISCA BEUSNARD” et insulte copieusement Omar Sadik, lui, cet ennemi de l’Espanyol.
62e+7: Meddah avait pris son jaune, mais y’avait pas besoin de le mentionner.
70e: Servi en retrait, Sadik trouve un très bon Samassa. Le portier lavallois, pas la spécialité indienne.
71e: D’ailleurs, si on ne veut pas de mauvaise surprise gastrico-footbalistique, on ferait mieux de l’éviter, ce Samassa.
74e: Il fait vraiment très froid. Et Laval n’a toujours pas trouvé le bouton de la clim.
78e: Beusnard nous offre sa plus belle frappe croisée de U13. Ca n’est pas suffisant pour la Ligue 2.
82e: Bobichon sort. Sans avoir marqué. C’est extrêmement décevant.
86e: Première frappe cadrée des Tangos par Aymeric Faurand-Tournaire. C’est long comme nom. Bon moins qu’attendre 85 minutes une frappe cadrée, mais long malgré tout.
88e: Les SIF sont serrés.
90e: On est sexys toute la soirée, les plus beaux de la piste de danse, mais à l’heure de conclure, nous voilà paniqués. Attention à ne pas laisser ce briscard en t-shirt G-Star nous voler la plus belle fille de la soirée.
90e+2: MAIS POURQUOI ON JOUE LES TOUCHES EN PREMIERE INTENTION PUTAIN.
90e+4: On met un coup de couteau dans tous les ballons, on simule des malaises, on demande un arrêt du match pour des lasers qui n’existent pas mais plus personne ne doit jouer au football là…
90e+5: C’est terminé au Nou Camp, cette fois c’est pas une vanne.
Fin du match+30: “Soufflez monsieur, soufflez, vous êtes encore sous le choc”.
Bon weekend le Béarn, reprenez-vous, on est sur le podium, et on va à Rodez.
Écrit par Tom & Font.
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