#11 - Les vieux ne rêvent plus

CONTRÔLES ORIENTÉS – Même les soirs de match, béret vissé sur la tête, assis sur ces chaises en plastique blanc typiques des jardins mal tondus, les anciens paraissent toujours paisibles. Souvent, malpolis, trop pressés, on les entend plutôt qu’on les écoute.

Et lui, on l’entendait souvent répéter “On a jamais dit au gave d’aller plus vite, et il est toujours arrivé à la mer”, avant de se remettre un coup de Saint Mont. Nous nous hâtions dans la voiture, prenions la route, et faisions demi-tour pour un téléphone oublié. “La prochaine fois, t’écouteras pépé, capbourrut”. 

Radio Libre

En arborant la semaine dernière son maillot “Héritage Royal”, le Pau FC en appelle aux figures historiques du paìs pour restaurer le lustre de son blason. Dans “Contrôles Orientés”, nous souhaitions aussi leur donner la parole. Parce que nous, on sait que les anciens, on les écoute.

Premier invité exceptionnel de notre rubrique, le Lion des Pyrénées: Gaston Fébus. Joint par téléphone, il dresse un bilan positif de l’actuelle situation du club: “À Pau, gagner chez soi n’est pas un luxe, c’est un devoir historique. Il est temps de redevenir souverain en notre antre, comme le Béarn le fut en 1347 sous mon autorité: intraitables sur nos terres, respectés au-delà des cols. Cent-cinquante jours d’attente, de soirées tièdes où les espoirs de victoire se sont envolés sur un prétendu autel du jeu, cela suffit. L’arrivée, depuis l’Est de nos montagnes, des îliens corses, bons derniers de Ligue 2, doit être suffisante pour regoûter à la victoire.”

Désir Coupable

Attachés au principe du contradictoire, et attentifs à donner droit de réponse à quelqu’un qui s’y connaît aussi bien que le public palois en termes de fidélité, nous accueillons la parole de Nouste Roy, Henri IV. Approché par l’intermédiaire de son profil Tinder, l’héritier des Bourbons dresse lui un constat plus âpre de la direction actuelle prise par le club: “J’ai toujours été un amoureux des plaisirs de la chair et du 4-2-3-1. Au château, quand on veut voir une organisation défensive et des victoires, on regarde Didier Deschamps. J’aimerais voir Meddah tenter des roulettes ailleurs qu’à trente mètres de nos buts, j’aimerais revoir nos latéraux faire autre chose que des touches, j’aimerais profiter d’arrêts de Raveyre… Je l’ai déjà dit, les déplaisirs talonnent toujours les contentements. Et nous étions jadis contents du jeu proposé. Je rappelle seulement que j’ai 473 ans, quand je me déplace au stade, c’est pas pour m’emmerder, sinon je reste boulevard des Pyrénées à jouer aux quilles, un genre de Möllky du XVIe siècle”.

L’hiver s’en va, et avec lui la frilosité qui l’accompagne, dans l’air et dans le jeu. Et à ceux qui perdent espoir, dans l’attente de revoir des 3-3 frustrants mais terriblement beaux, rappelez-vous qu’ils auront beau couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps.

Retrouvez Contrôles Orientés chaque veille de match à domicile dans votre Sud Ouest !

Écrit par Font.

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