Merci coach
CONTRÔLES ORIENTÉS – Alors voilà, c'est fini. On ne pourra pas l'applaudir une dernière fois au stade, on ne pourra pas le remercier pour tout ce qu'il a apporté au club, on ne pourra pas le saluer, ni lui souhaiter la suite qu'il mérite. L’histoire se termine en queue de poisson, sur un goût d’inachevé.
Nicolas Usaï aura été, pour le Pau FC, un coach ambitieux. On dit parfois que les contraintes sont une condition indispensable à la créativité ; de contraintes, il n'a pas manqué. Avec un budget parmi les plus modestes du championnat, avec des groupes toujours changeants, avec des effectifs jeunes, parfois sans vraie expérience du haut niveau, il a su développer un jeu qui donnait envie. Un jeu qui rendait heureux et fier de suivre ce club. Bien sûr, il y a eu les catastrophes industrielles, de lourdes défaites presque caricaturales, mais qui, même elles, nous faisaient nous sentir vivants, comme une courte plongée dans l'eau glacée.
Jamais sans défaut, jamais sans frustration, le Pau FC de Nicolas Usaï offrait la certitude qu'à tout moment, quelque chose pouvait s'allumer sur le terrain, qu'une merveille pouvait surgir des interactions entre ces gamins.
Comme tous les véritables ambitieux, il était simple. Droit et clair en conférence de presse, sans jamais hésiter à s'attarder sur les détails de sa démarche, sur sa manière d'être avec les joueurs, sur son rôle d'éducateur autant que de tacticien et de leader. Capable de pointer les insuffisances sans accabler un joueur, d'évoquer les difficultés internes sans règlements de compte. Capable de caractère sans tomber dans la caricature.
Il aura été également, pour le club, le co-auteur de réussites remarquables. En émotions, bien sûr, avec cette victoire liminaire 3-0 contre les Girondins de Bordeaux, avec ce 4-4 extraordinaire contre Angers, avec cet exploit dans le Chaudron stéphanois. Sur le plan comptable, également, avec 34 victoires, 141 buts, 3 saisons passées intégralement hors de la zone de relégation (une gageure, à Pau), et un début de saison 25/26 qui nous aura fait rêver, qui nous aura fait dire que, peut-être…
Nicolas Usaï s'en va, donc. Les raisons ne sont pas entièrement connues, peut-être ne le seront-elles jamais. À la fin, elles importent peu. Nous garderons bien sûr un peu d'amertume, encore quelques temps, l'impression d'un gâchis, d'une occasion perdue de continuer à progresser et à développer, pour notre club, cette identité séduisante qu'il avait apportée avec lui.
Mais finalement, il restera le souvenir d'une période où Pau pétillait, avec une idée de ce que peut et doit être le football, au-delà des seuls résultats. Il restera quelques années qui compteront indubitablement parmi les plus belles de l'histoire du Pau Football Club.
Merci coach !
Écrit par Pau 1959.
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