#7 GROUPA-MALEDICTUS

CONTRÔLES ORIENTÉS – Des articles d’époque que j’ai pu consulter, l’inauguration du Stade Olympique du Hameau fut « triomphale ». Plus de 30 000 personnes s'étaient massées pour admirer l'œuvre du Colonel de Fornel.

 Il me faut ici vous préciser que lors de ses derniers mois, ce chantier fut l’objet de rumeurs grandissantes, aussi vagues qu’insistantes. Lancé dans l’urgence d’après guerre et fruit d’un inlassable travail, ce nouveau stade était devenu le sujet à la mode et ce jour d’octobre 1949, le tout Pau voulait voir et savoir pourquoi.

Chargé de remettre sur pied l’École Nationale d’Entraînement Physique Militaire, le colonel de Fornel, ex champion de France de cross-country, était reconnu comme un “ officier de légende ” et un infatigable bâtisseur. Décrit par tous comme rude mais juste, il devait faire face à une double pression : des coûts importants surmontés d’un timing serré.

Les travaux débutèrent en 1948 et de l’avis de tous, ils fûrent achevés “en un temps record”. Pour ce faire, rien ne devait ou ne pouvait arrêter un chantier où tous prêtaient main forte: qui à la pioche, qui à la maçonnerie, qui au déplacement, à l’enfouissement là-bas, plus loin après le bois, d’étranges stèles aux écritures indéchiffrables. Quelques inexplicables malaises d’ouvriers furent bien rapportés auprès de la hiérarchie mais rien d’anormal au vu du surmenage des troupes et des pointes caniculaires à 27° durant cet été 49 exceptionnel.

Retour à 2025. Pour son dernier match calendaire, le Nouste Camp voit ses premiers VIP siroter innocemment du champagne à l’étage de sa nouvelle tribune. Flambant neuve, elle illumine de son bleu saillant après neuf mois de travaux express grâce au kit suédois Tredje Läktaren (référence 199.502.18, allée 59).

Pourtant, à son pied, chez le bas-peuple des habitués, les mines sont résignées. Personne n’est dupe de la défaite qui s’annonce. L’équipe a largement dominé la première période mais Amiens mène à la pause et tout espoir a déserté le stade. À la buvette, quelques spectateurs occasionnels osent des « Il reste 45 minutes, ils peuvent encore gagner, non ? Non ?! » ne recueillant en retour que silences gênés et regards détournés. 

Personne n’ose le verbaliser, refusant de mettre des mots sur ce qui paraît comme une croyance absurde. N’importe quel esprit cartésien, le mien en premier, crierait à la superstition d’un autre temps.

Mais toi, moi, nous savons : « ON MARQUE JAMAIS CÔTÉ BERNADOU, BORDEL ! »

Rappelez-vous : du but inaugural de Meddah au doublé génial de Versini, quelle cage ? Ruiz, Messi, Touzghar, Sissoko ? Côté Basic Fit. Encore et toujours ! Pendant ce temps, le Red Star, Dunkerque ou Le Mans en plantaient deux sous les façades bleues en cours de montage. Vous pouvez enrichir l’addition avec les penaltys concédés par Ruiz et Kalulu. Quant à l’inconcevable boulette de Salles mise sur le compte d’un jeu au pied défaillant, de quel côté déjà ?

Bref, 266 jours. Presque 9 mois qu’Antoine Mille marquait un but dans le jeu côté Pissard Santarelli. Dois-je vous rappeler que les travaux venaient tout juste de commencer ? Quelle innommable malédiction ont-ils exhumée ? Depuis, seuls Sadik et Versini ont fait trembler ces filets, uniquement sur penalty. Face à Annecy et Amiens, à chaque fois des villes en A.

Coïncidence vous me direz ? Pauvres ignorants…

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Écrit par Alex.

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