S4 #2 - Paysage Audiovisuel Français, Mon Amour

ANTI-RÉSUMÉ – Adishatz la famille,

Moi, le paysage audiovisuel français, il ne m'intéresse plus depuis que Vincent Lagaf s’est barré et que Tex a été cancel.

Bill, du Bigdil, c’était carrément devenu mon copain, presque un membre de ma famille. J’en arrivais à bosser devant le miroir le faciès circonspect de l’animateur des Z’Amours quand un gazier lâchait une folie à sa nana. J’suis tombé assez tôt dans la télé étant petit. Et puis, en grandissant, j’ai compris que c’était de la merde. Et puis, c’est un monde de requins, de faux-culs, de méchants. J’veux plus entendre parler de ce milieu-là…

Mais l’autre soir, en discutant ballon avec ma bande autour de pintes de Picon bière, y’en a un qui avait l’air à bout. L'œil humide, il nous a dit: “T’as vu le jeu qu’on propose aussi? Moi, vendredi soir prochain, j’me colle un grec devant Vendredi Tout est Permis!”

Cent quatre-vingt minutes lui avaient suffi. Est-ce qu’on pouvait lui en vouloir? Dans l’analyse, sans doute pas. Finalement, il avait juste cédé aux sirènes de la facilité et de la petite lucarne. Television Rules the Nation…

J'avais prévu de lui faire un petit résumé de notre soirée au stade... A son goût.

 

0-15e: Fort Boyard

On rentre dans le match comme si on avait peur de mal faire. Après tout, on joue quand même pour une association qui cherche à offrir un spectacle correct à des spectateurs en manque de football depuis 6 mois. Les premières offensives paloises sont fragiles. On a du mal à se bouger le cul sur le cylindre nancéien, qui coulisse bien. Benet tente de fracasser le fort en expulsant un boulet dans le mur, Pouilly envoie une frappe qui atterrit directement sur les plages de La Rochelle. Faudrait suivre Versini, c’est pas à cause de la taille hein, mais c’est souvent lui qui a les clés…

16-30e: Y’a qu’la vérité qui compte

Perdus de vue. On vieillit doucement. On boit, des amis passent, des filles aussi. Les équipes adverses dansent sur une pelouse sur laquelle on avait l’habitude de flirter. La lumière vive des lampadaires n’éclaire plus que les souvenirs qui s’éteignent de nos tangos offensifs. Chaque attaque adverse est un clou de plus dans le cimetière de nos émotions. Et tu voudrais que je t’accorde le pardon? Tu me dis que tu vas changer, rallumer la flamme. Je vais dire oui, mais seulement parce que j’ai payé. 

31-45e: 100% Logique - La réponse est sous vos yeux

Combien de buts pourriez-vous voir lors d’un match de football si une équipe décide de réduire son niveau technique et que son adversaire est incapable de proposer la moindre idée? Zéro. Combien de triangles voyez-vous sur cette pelouse? Zéro. Combien d'occasions pour le Pau FC? Zéro. Il reste combien avant la mi-temps? Zéro? Ah parfait.

Mi-temps: Publicité

46-60e: Secret Story

Corps huilé, bien habillé. Notre jingle de présentation est impeccable. Face aux 17 autres concurrents, tous aussi bien gaulés les uns que les autres, il va falloir la jouer fine. Chacun son secret, et tous déterminés à le garder le plus longtemps possible. Nantes est déjà grillé. Leur secret: “J’étais malade mais ça va vachement mieux”. Saint Etienne aussi: “J’ai triché plusieurs fois pour mon Master en Sciences Economiques et Sociales”. Notre secret..? On joue très bien au football. Mais shhhhhh… Faut pas que ça se sache. 

61-75e: Le Bigdil

Souvent, pour expliquer le jeu aux candidats de son émission, Vincent Lagaf passait 2 minutes entières à en répéter les règles, pour que finalement celles-ci changent en cours d’épreuves, tellement elles étaient débiles. Bingo, on est pile là-dedans. Mais nous, en tribunes, personne ne nous a expliqué ce qu’il fallait faire à ce jeu. Au départ fallait foutre un ballon dans les filets du mec habillé pas pareil que les autres en face de notre équipe. Apparemment ça a changé, mais Vincent a rien dit. Alors, comme d’habitude, quand ça nous a gonflé, on a commencé à gueuler: “LE RIDEAU! LE RIDEAU! LE RIDEAU! On veut l’ouvrir et gagner la bagnole. Ça nous permettra de nous barrer d’ici. 

76-90e: Les Z’Amours

Aimer. Au moins. On a vu les tentatives de séduction, comme quand tu cherchais à nous emmener avec toi, fringant, à 150 à l’heure sur l’autoroute du plaisir et des occasions nettes. En dansant comme ça, on a été séduits. Pour donner un avenir à notre relation tu as cherché à nous montrer tes bons côtés, que tu savais faire la fête, créer le désir. Mais pour une relation qui dure, il faut aussi savoir assumer ses responsabilités. Ce que tu n’as pas su faire. Tu m’as trompé avec ce maudit Brandon. Et tu n’as rien fait pour me reconquérir. Alors qu’il te restait du temps.

Fin du match. A vous les studios.

Allez, bonne nuit le Béarn. On est en Aveyron la semaine prochaine. Pour bien finir l’été. Alors qu’on sera sûrement la vachette d’Intervilles.

 

Écrit par Tom & Font.

Publié le .

Dans le même sujet...